A la recherche d’anciens ponts terrestres ayant facilité la migration d’espèces entre les Amériques il y a plus de 5 millions d’années

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13 juillet 2017

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27 avril 2017

 

Du 6 mai au 25 juin 2017, les Caraïbes antillaises font l’objet d’une exploration en profondeur. Pour cette campagne en mer de 50 jours, le navire océanographique de l'Ifremer L’Atalante, va voir embarquer à son bord plus de 30 scientifiques membres de différents laboratoires de recherche* en géosciences qui vont tenter de répondre à cette question :

Comment, quand, et pendant combien de temps des territoires émergés ont pu permettre à des espèces sud-américaines, végétales et animales, de migrer "à pied sec" vers les Grandes Antilles, puis de se retrouver isolées sur des îles au point de subir une très forte spéciation et de générer des espèces endémiques géantes ?

Cette campagne océanographique nommée GARAnti (Geodynamic conditions for Aves Ridge and the Lesser ANTIlles arc splitting) est un volet majeur d’un ambitieux projet trans-disciplinaire, entre géologues et paléontologues, nommé GAARAnti redéposé à l'Agence nationale de la recherche très récemment.

trajet previsionel de la mission

L’objectif de ces deux projets est de contraindre les scénarios de passage de certaines faunes d’Amérique du Sud vers les Grandes Antilles au Cénozoïque, en s’appuyant sur des reconstructions de terres émergées à différentes époques. L’évolution de cette région est étroitement associée à la dynamique de la subduction de la lithosphère atlantique sous la bordure nord et est de l’arc des Antilles, en particulier sur la période de temps Paléogène correspondant à la collision du banc des Bahamas avec la marge antillaise et le saut de limite de plaque d’une subduction au large de Cuba au système décrochant des Grandes Antilles.

S’agissant du volet marin qui fait l’objet de la campagne GARAnti, l’équipe devrait être en mesure de préciser les étapes de fonctionnement de surrection et de subsidence de l’arc volcanique d’Aves actuellement immergé, qui traverse la mer des Caraïbes des îles Sous le Vent au nord du Vénézuela jusqu’au îles Vierges, et du bassin de Grenade qui sépare la ride d’Aves de l’arc des Petites Antilles. L’évolution tectonique de ce secteur est mal connue et fait encore l’objet de nombreuses controverses. L’imagerie géophysique nécessitera le déploiement d’une quarantaine de stations sismiques fond de mer le long de trois grands profils de sismique réfraction, d’environ 4300 km de sismique réflexion enregistrée avec une flûte sismique de 720 traces et de 4,5 km de long tractée derrière le navire et d’une source composée de 18 canons à air totalisant un volume maximum de 6500 inch3 qui permettra d’imager les structures crustales jusqu’au Moho. Les données seront traitées à bord en temps réel afin de pouvoir identifier les sites de dragage de roches qui nous permettront de caractériser la lithologie des formations sédimentaires reconnues en sismique, d’échantillonner le paléo-arc d’Aves et peut-être le socle de la ride. Les collègues des laboratoires de GeoAzur à Nice, de l’IFREMER et du LDO à Brest constitueront l'essentiel de l’équipe qui embarquera en plus de spécialistes de micro-paléontologie.


* Géosciences Montpellier est porteur du projet GARAnti à travers Serge Lallemand et Jean-Frédéric Lebrun (CNRS, Université de Montpellier, Université des Antilles). Géoazur Nice (CNRS / Université Sophia Antipolis / OCA / Université Pierre et Marie Curie / IRD), LGO Brest (Université Bretagne Occidentale / Université Bretagne Sud / CNRS), IFREMER (Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer), CEFREM Perpignan (CNRS / Université Perpignan Via Domitia), LGL Lyon (CNRS / ENS Lyon / Université Claude Bernard), Université Simon Bolivar, l’Institut FUNVISIS au Vénézuela et Université de Guyane.

 
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